Quelques détours plus tard...
De mes jeunes années, j’ai gardé mes amies, mon amour de l’école et de l’apprentissage des langues, et plus que tout, ma passion pour le chant, la danse, la musique, le théâtre et le cinéma, la littérature et l’écriture. Pour tenter ma chance, j’ai vécu six ans dans la Ville Lumière. À un moment, je tournais en rond, alors je suis repartie en Belgique, où j’ai obtenu mon diplôme universitaire en psychologie clinique. J’ai ensuite ouvert des consultations et essayé de me conformer à la société pendant quinze ans.
Entre-temps, je l’ai enfin rencontré. Nous avons acheté une maison. Entre un chantier colossal et sept fausses couches en quatre ans, le choc a été trop violent. Notre couple a implosé. Moi en premier. Mon corps était dévasté et j’avais besoin d’air. Nous avons construit un van pour que je puisse reprendre ma liberté.
Parce que voilà, c’est décidé, pour retrouver la joie dans mon cœur, j’allais partir planter des salades et chanter sur les places estivales des villages de l’Aude, de Bretagne ou d’ailleurs.
Mais manifestement, la vie en a décidé autrement ! J’étais prête à partir quand sonna le confinement. Finie la cigale, bonjour le retour à soi. Puisque tout est parfait, qu’à cela ne tienne : de cet immobilisme forcé a ressurgi une discipline que j’avais oubliée.
C’est ainsi que j’ai repris la plume. D’abord pour écrire le conte, une histoire débordante d’émotions intenses et sauvages. Ensuite, parce qu’une fois la plume reprise, elle n’avait manifestement plus l’intention de me lâcher.
Car, finalement, depuis toutes ces années, mon écriture n’est pas seulement créative : elle est une manière de m’observer et de voir le monde depuis ses fissures, de penser sans illusion et de reconnaître ce que beaucoup vivent sans pouvoir le nommer.
Depuis, je suis revenue à mes premières amours, parce que plus rien n’avait de sens. Mais aujourd’hui, mes passions ne sont plus enfermées dans des cases ou des hobbys. Je prends un malin plaisir à mélanger toutes ces formes de création qui m’accompagnent depuis toujours. J’en fais un melting-pot à ma sauce et j’avance, un pas à la fois, vers ce qui me transporte de joie.
Construire et créer demandent du temps, de l’énergie et des moyens. Et pour l’instant, ce que je crée est encore très loin de financer le travail qui lui donne vie.
Pourtant, je tiens à continuer à faire circuler une partie de ce travail librement. Alors si mes mots, mes histoires, mes émissions ou mes explorations t’accompagnent, si quelque chose ici t’a touché, fait réfléchir, sourire ou vibrer, tu peux contribuer à sa suite.
Un don libre n’achète rien et ne donne accès à rien. C’est simplement une manière de soutenir une création indépendante et de lui donner les moyens de poursuivre sa route.
Artemis Richards
